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L’après « île du plaisir »

Préambule

René Goscinny et Albert Uderzo, «Les douze travaux d’Astérix», Productions Dargaud Films / René Goscinny / Albert Uderzo, 1976.

Ah, les fêtes et les vacances!

«Mon Dieu, que votre volonté soit fête!» Frédéric Dard

Se déprogrammer, se libérer, étirer le temps, s’adonner à ses loisirs préférés, jouer avec les enfants et les observer, flâner, relaxer, respirer profondément et lentement, rêvasser, s’assoupir. S’ouvrir à l’esprit de la fête, se retrouver et rencontrer, célébrer la vie, se permettre, chanter, danser, se coller, s’aimer, apprécier, savourer, rigoler, se bourrer, trinquer, partager… Ah! La vie des fêtes et des vacances, c’est bien l’île du plaisir! Pour tous ces jouisseurs de la vie, ce lieu divin et ses prêtresses ensorceleuses sont bel et bien une épreuve à relever, car le temps venu, pour se remettre en marche, il faudra déployer une charge d’énergie plus grande et fournir des efforts considérables pour reprendre de saines habitudes de vie. Ce n’est rien pour faciliter sa remise en action. Après tout, c’est peut-être ça la fin du monde!

parc safari 072kkkDemi-tour

«Quand la fête est passée, on a des dettes et du linge sale». Proverbe Alsacien

Maintenant que la période des festivités est terminée, afin de poursuivre là où on a laissé, on rechausse ses souliers et reporte ses multiples chapeaux. Ce temps d’arrêt est un vrai ressourcement, du moins s’il ne sert pas l’hyperactivité qui étourdit ou ce sacré laisser-aller qui ralentit l’énergie vitale et la fige comme l’action du froid sur l’eau. Si on ne se méfie pas de l’appel à la course ou celui du relâchement, on y perd plus qu’on y gagne.

Ainsi, pour retrouver l’équilibre et les conditions « pré-festivités » du corps, du cœur, de la tête et de l’esprit, il faudra faire demi-tour et s’activer pour éliminer:

1. Les surplus de toutes sortes: l’énorme pile de vêtements sales, le débordement des poubelles, les restes non consommés dans le frigo, les bouteilles vides de spiritueux qui traînent dans le garage et qui font encore retentir l’écho de nos soirées bien arrosées avec tous ces êtres aimés, l’éparpillement des jouets délivrés par le Père-Noël, des bouquins et de tous ce qui n’a pas encore été rangé, etc.;fete 2.2.

2. Les écarts de discipline: toutes ces restrictions levées le temps des festivités telles que le droit à la grosse bouffe, au bon vin, à la grâce matinée et tout ce qui relève du domaine de Bacchus (le Dieu de la fête) et de son cortège;

3. La déroute de la routine: tous ces actes qui désorganisent ou réorganisent autrement les habitudes bien installées du quotidien: l’horaire sans dessus dessous, les tâches reportées, les listes abandonnées, l’arrêt des sessions de yoga, de zumba, etc.

Vous le savez bien, pour éviter de traîner la patte et de s’engluer dans cette énergie libertine, il faudra mettre de l’ordre, reprendre les heures de sommeil, rééduquer le corps au coucher tôt et au réveil matinal, s’alimenter correctement et en quantité raisonnable, éliminer les kilos pris, reprendre sa force, sa souplesse et sa vigueur.

L’ego qui se plaisait dans la fête devra accepter de faire cette remise à l’ordre et suivre le rythme sans chialer ni se rebeller, car il risque de mettre en péril sa santé, la qualité de son émotivité et transformer la remise en route en un exercice de redressement à la « boot camp » encore plus pénible à vivre. De toute manière, tôt ou tard, il devra faire face à la musique et entrer dans la danse des activités normales de la vie quotidienne. Au pire, par découragement, il pourrait rester pris et développer une dépendance à ce plaisir qui cause ainsi sa perte. Sentiment de lourdeur, perte de motivation, fatigue, impatience, tristesse, découragement sont des signes qu’il faudra reprogrammer sa pensée et agir au plus vite pour éviter que cela ne dégénère et, surtout, pour reprendre le pouvoir sur sa vie et accéder au meilleur de Soi. Ne l’oublions pas, après tout, nous sommes tous des êtres divins incarnés dans un corps humain. Mmmm… divin, vraiment? Un corps humain… oui, à la pesanteur qu’il a, impossible de l’oublier celui-là!

Sur le dos tortue

Je dois vous avouer que j’ai à faire ce travail de rattrapage afin de m’enraciner les deux pieds dans le sol. Eh oui, pendant la saison des fêtes je n’ai pas donné ma place côté déséquilibre. Je me suis même retrouvé sur le dos comme la tortue. Cependant, ce n’est pas pour les raisons un peu olé olé que peut-être vous imaginées. D’abord, comme beaucoup d’entre nous, j’ai été affligé par un virus qui m’a carrément siphonné mon énergie vitale et m’a fait occuper en alternance le divan et le lit pendant huit jours. Malgré tout, entre mes périodes sommeil/éveil/survie, ironiquement j’ai pu savourer le dernier livre tout chaud de Bernard Werber, Troisième humanité, et me reposer… un peu trop par contre. C’est fou tout ce qu’on perd comme énergie et capacités lorsqu’on est immobilisé. On finit par s’engluer dans une lourdeur où tout effort est vain. Le corps devient un lieu si inconfortable pour l’âme qu’on voudrait changer de peau comme le serpent. Ensuite, en prenant des forces, j’ai pris les bouchées doubles notamment pour reprendre le temps perdu côté festivités et tenté de limiter les dégâts au niveau de l’entraînement. Isshh! Trop tard, le mal est déjà fait et le constat n’est pas rose; l’après « Tortue sur le dos » suivi du « je m’achève à l’île du plaisir » est désastreux.

De la tortue au zombie

«Faites la fête avec tout votre corps, avec tout votre être. Et tant pis si vous y laissez quelques plumes. Ça repousse!» Sophie Chauveau

Aujourd’hui, en plus de trimballer encore ce microbe qui m’alourdit, j’ai pris quelques kilos. J’affiche également un net recul au niveau de ma vitesse de croisière sur mon tapis de course (ha! encore cette fichue tortue) et je dois composer avec la déception de mon ego qui, suite à une avancée fulgurante en décembre (voilà le lièvre maintenant), visualisait un pace du tonnerre pour le prochain semi-marathon en avril. Faut dire qu’à la reprise de l’entraînement, il s’est désenchanté en voyant le tableau de bord de mon « treadmill ». Vous auriez dû lui voir la gueule; la tortue relevée sur ses quatre pattes s’est transformée en un zombie. Imaginez le portrait de ce mort-vivant souliers de course aux pieds qui peine à avancer, mâchoire pendante, yeux ronds, poumons crachés et séchés, mais le reste du corps trempé de sueur jusqu’aux os… Ce n’est pas mon plus beau look de la saison! Côté fashion, on repassera. Voilà que ce désappointement soulèvera ensuite une collection d’émotions peu encourageantes ainsi que la désagréable impression d’un retour à zéro.

Vous comprenez qu’à présent je m’efforce tant bien que mal à remettre la machine en marche et à recentrer mon énergie sur la joie de courir, la satisfaction que procure la réalisation peu importe le résultat. Je tente de toutes mes forces de focaliser mon attention sur le processus et je modère mon ego compétitif qui me met de la pression parce qu’il a soif de performances. Il n’en a jamais assez. Il ne me reste qu’à me remémorer la fable  Le lièvre et la tortue qui évoque le fait qu’il ne sert à rien de courir; il faut partir à point.  Au besoin, je  répéterai à cet ego-lièvre cette citation de Jacques Prévert qui référait probablement à Jean de La Fontaine: «lièvres, je vous en prie, souvenez-vous du jour, du fameux jour, où la tortue est arrivée avant vous».

Très chère routine

«La gratitude peut transformer votre routine en jours de fête». William Arthur Ward

Même si nous avons tous besoin de vacances, c’est-à-dire d’une pause de la routine pour se ressourcer un moment, je suis toujours heureuse de reprendre un rythme rigoureux ainsi que toutes les bonnes habitudes qu’elle supporte au quotidien. C’est même un soulagement, car cet ordre me met en phase avec les énergies supérieures qui respectent davantage ce corps qui, ne l’oublions pas, absorbe tous les coups en passant par le virus jusqu’aux abus de toutes sortes. C’est ainsi que grâce à la discipline, l’assiduité et à la patience qu’apparaissent à nouveau un par un tous ces signes qui m’indiquent que je progresse et que la vie «normale» se réinstalle peu à peu; je reprends graduellement possession de ma force physique et parcours des distances plus longues sur mon tapis, j’accueille l’arrivée d’une inspiration pour peindre un tableau, j’écoute l’urgence du besoin de remettre de l’ordre dans la maison, de défaire les décorations désuètes, de débuter graduellement une cure santé et d’écrire cet article. Aussi petites soient ces actions, il y a progression. Un autre soulagement! Suite à cet épisode de maladie chevauchant la fête de noël, je sais à présent que je suis en remontée et que je retrouverai mon état habituel. Ce n’est qu’une question de temps.

Bilan

«Une fête est un excès permis, voir ordonné». Sigmund Freud

Est-ce que j’ai appris quelque chose de cette période on ne peut plus déstabilisante? Non, rien de nouveau. Cependant je me suis rappelé pourquoi il est important pour moi de prendre soin de mon corps et de l’entraîner quotidiennement pour le garder fort et en santé. La vie est tellement plus agréable lorsqu’on est bien dans sa peau. Voilà également pourquoi même en vacances, je continue habituellement à me lever tôt et, autant que faire se peut, à établir une routine (aérée toute de même) et à poursuivre l’entraînement, voir même m’y donner à fond en prévision des courses officielles prévues au calendrier. Si on maintient le cap, aucun retour en arrière n’est nécessaire et l’énergie dont on dispose sert à créer et non à se rattraper. Néanmoins, pour que ce moment soit un ressourcement, je me permets d’ajouter quelques plaisirs qui rendront les vacances uniques et spéciales. Après tout, la vie est faite aussi pour festoyer. Bien sûre avec modération. Oui, c’est bien moi qui le dit en bonne vivante que je suis!  Vous comprenez le défi d’équilibre que cela comporte.

Vœux et gratitude

Alors chers lecteurs, comment s’est déroulé votre temps des fêtes? Avez-vous été sages ou, au contraire, avez-vous à faire du rattrapage? Bravo à ceux pour qui tout ça est déjà de l’histoire ancienne. Pour ceux qui redressent encore la situation et qui reprennent l’entraînement,  ne vous inquiétez pas, car à force de persévérance, tout va finir par reprendre le cours normal.

Pour terminer, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une magnifique année 2013. Je vous souhaite d’ouvrir grand votre âme à la sagesse de votre Soi; de croire en vous; de trouver le sens à votre vie; de vivre vos rêves; de faire fructifier vos talents; d’honorer votre beauté; de faire briller votre lumière; d’éveiller votre regard au bonheur qui vous entoure; d’oser l’impossible; de vous libérer de ce qui vous limite; de guérir vos blessures; de célébrer la vie; d’attirer des situations bénéfiques; de développer volonté et force intérieure; de changer en douceur pour le meilleur; de vous entourer d’un environnement positif qui stimule l’épanouissement; de prendre soin de votre tête, de votre corps, de votre cœur et de de votre esprit; d’avoir le cran d’écouter votre propre voix intérieure; de mettre vos besoins au premier plan; de profiter des saisons de la vie et d’attraper le temps qui passe; d’apprécier ceux qui vous entoure; de vous remplir de sécurité affective et d’amour inconditionnel; et enfin, d’éprouver à chaque jour le sentiment de gratitude et de plénitude.

Les articles que je vous offrirai au cours de la prochaine année seront certes écrits dans cet esprit. Chers lecteurs, je vous remercie de me lire et de faire partie de mon rêve d’auteure. Cet échange est la parfaite expression du mouvement de la vie qui circule à travers nous et qui croît à travers toutes ces réflexions que vous faites à la Fontaine de lumière et des orientations que ces rendez-vous vous font ensuite prendre. Parfois, il suffit d’un mot ou d’une phrase pour éclairer tout un chapitre de vie. Maintenant, soyons les maîtres de notre destinée, multiplions les occasions de bonheur et faisons l’amour à notre vie!

À bientôt!

Information exclusive. Toute reproduction autorisée avec la mention explicite du nom de l’auteure et du site fontainedelumière.wordpress.com.

© Martine Trudel, 2013

4 réflexions sur “L’après « île du plaisir »

  1. Un retour en force pour toi avec cet article Martine. Continues de nous alimenter et de nous inspirer grâce à ton écriture unique !

    1. Ah! Merci de me lire ma belle Caro et pour ton encouragement! 😉 Pour la force, on y travaille… encore!
      Oui, l’inspiration est de retour et je me ferai un plaisir de partager mes réflexions uniques.
      Unique, c’est bien le beau mot! 😉

  2. Je dois faire du rattrapage et tout un ! Je ne suis pas seule transformée en zombie ! Débandade totale. Une chance que janvier est arrivé. Un chance qu’on se donne le droit de recommencer, de faire table rase et de ne pas trop se taper sur la tête. Oui, vivement la routine, pour se retrouver, pour se racheter. Merci Martine, toujours inspirante et lumineuse Martine. Comme j’aime te lire. J’ai a-d-o-r-é ton billet. Merci !

    1. Merci ma chère Mimi! Ça me rassure de savoir que je ne suis pas seule à aimer la vie des vacances!! Je te souhaite une mise en route douce et agréable en t’inspirant de la sagesse de la tortue. D’ailleurs, c’est mon animal totem pour cette période de redressement. C’est avec cette énergie que j’ai passé ce soir le test de 20 km prévu (ailles! ouilles!) à la fin de 12 semaines de mise en forme pour le demi-marathon en avril. Ce fut lent, mais cette victoire me donne beaucoup plus de courage pour continuer à avancer. Respecter son corps, c’est toujours gagnant! 😉

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