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Comment se relever d’une débâcle?

Préambule

 

«Nous sommes responsables de nous créer une vie satisfaisante. Mais, nous n’en contrôlons pas tous les aspects et dimensions.»

Entretenez-vous comme moi cette illusion que la vie devrait être facile et, idéalement, nous devrions la maîtriser afin qu’elle reflète exactement tous nos souhaits et désirs? Comme s’il s’agissait d’un échec lié à l’incompétence, cette idée chimérique (vouloir contrôler sa vie plutôt que d’exercer son pouvoir de créer et d’agir) me rend faussement coupable à chaque fois que je fais face à une situation dont le résultat est différent de celui que j’ai espéré. Imaginez le scénario lorsque la vie m’en met plein la gueule!

Avec toutes les pensées positives que j’entretiens, ne devrais-je pas jouir en tout temps de la vie rêvée et évoluer par une succession de joies et de succès? Comment se fait-il que ma vie se rebelle ainsi, moi qui l’aime autant? Et puis d’abord, qui a dit que la vie était facile? Le Vénérable du sommet bien assit sur son siège? L’autruche qui se cache la tête dans le sable? L’être rayonnant qui mange du soleil? Moi, ce cordonnier mal chaussé qui écrit sur le pouvoir de la pensée, comment se fait-il que je me crée des événements qui me blessent? Suis-je masochiste? Me connaissant, je dirais plutôt que je suis maladroite et pourvue d’un GROS ego!

Voyez comme mon ton a changé. Habituellement optimiste, mon regard s’est obscurcit. Je sais. J’ai eu un moment de réaction assez vif face à un événement vécu. J’ai un peu honte, mais je l’assume entièrement. Je vais donc prendre le temps de décanter ce qui m’afflige. Peut-être sortira-t-il quelque chose de bon de l’expression de mes émotions? En tout les cas, elles ne seront pas réprimées. Certes, si vous pouviez observer mon aura, vous verriez des éclairs encore plus électriques que le «rock’n roll» et non de doux rayons arcs-en-ciel à la «peace and love». Désolé pour mes amis hippies, lorsque je suis en colère, j’irais même jusqu’à dire que je les emmerde ces arcs-en-ciel! En conséquence, vous pourriez compter sur les doigts de vos deux mains… en plus de ceux de vos pieds…puis ceux de votre conjoint aussi… et possiblement ceux de vos enfants le nombre de bâtons pris dans mes roues d’énergie (Chakras – voir l’article Peace, love and … disco!). Gros blocage me direz-vous. Je vous le confirme. C’est assez remarquable ce que l’auto-sabotage peut faire! Cher lecteur, je vous entretiens aujourd’hui sur l’art de se relever dignement d’une débâcle. Vite à la fontaine de lumière! J’y prendrai bien quelques litres de son eau lumineuse et un collier de perles s’il vous plaît.

Toucher le sol

Je vais me permettre de vous raconter ce qui me cause cette désolante mine. Il s’agit d’un événement vécu un peu plus tôt cette semaine lors d’une séance de course à pied. Voici la situation. C’est l’Action de grâce, le temps est beau et frais. Comme Trinity (personnage du film The Matrix -ma trilogie préférée), j’enfile mon équipement de coureuse puis je pars d’un bon pied. Tout est sous contrôle; je suis en pleine forme, ma vitesse est satisfaisante et les automobilistes sont courtois. Je les salue avec mon beau sourire de joggeuse fière de porter les couleurs de mon premier demi-marathon (vert néon, c’est assez visible n’est-ce pas?!). Je vous assure que je brille de toute ma lumière; j’adore courir! Un, deux et trois kilomètres, je progresse bien ce qui m’encourage à accélérer mon rythme. Vient le quatrième et scratttcchhh! Aille! Je trébuche et tombe.

De façon mystérieuse, avec toute ma grâce je me retrouve à plat ventre sur le pavé, lunettes de soleil et écouteurs au sol, gourde sortie de son support, poussière en bouche, la main et le bras droits éraflés puis, et surtout, …. l’orgueil froissé. Quel horreur! Trinity a foutue le camp par terre! Fiouf, plus de peur que de mal. Je n’ai pas encore compris ce qui s’est produit, mais je me suis relevée aussi vite que je suis tombée en espérant que personne ne m’ait vu. Achhhhh. Mais non! Tel un comité d’accueil, quelques automobilistes et piétons qui passaient par là pourraient vous témoigner de l’incident. D’ailleurs, je serais curieuse d’écouter leur version des faits pour comprendre ce qui s’est passé et même rire un bon coup (si je réussis à mettre mon ego de côté). Je racontais justement ma péripétie à Suzanne une compagne de zumba (programme de fitness actuellement populaire composé de chorégraphies inspirées des danses latines) qui me disait «Qui sait, peut-être que ton exploit est déjà affiché sur Youtube!» et les fous rires ont suivis. Ah! Mes éclairs s’adoucissent. Voilà qui fait du bien. Rire de soi, c’est une bonne manière de dédramatiser ce qu’on prend trop au sérieux, surtout lorsque l’ego est insulté, lui qui vise rien de moins que la perfection du paraître. Faut dire qu’il est tombé deux ou trois étages plus bas que mon corps! Pauvre lui, il a mangé toute une raclée!

2012, Martine Trudel (Elia)

Nue devant l’être

Je dois vous avouer cependant que, quoique désagréable mais anodin (je suis bénie des dieux), cet incident n’est que le reflet physique d’un état intérieur qui a été déclenché auparavant. Pour faire une histoire courte, le jour précédant ma chute, j’ai vécu un événement qui m’a éraflé l’âme laissant mon corps émotif en piteux état le temps que j’assimile le tout. Comme un sauveur, mon ego révolté s’est alors empressé à me défendre en discourant comme un indigné. Puis, comme un politicien malhonnête, il était même prêt à échanger quelques enveloppes brunes avec le diable contre une place au soleil! Imaginez le bordel mental. Allez up mes Chakras! Prenez ces bouts de bois.  Figés comme vous l’êtes, vous aurez au moins de quoi à vous chauffer cet hiver! Bref, ayant atteint mon quota de charge négative, même si le jour de ma course j’étais habitée par ma passion de courir et que je brillais de tout mon éclat, l’énergie de fond que je transportais était lourde et désalignée au point de trébucher dans les fleurs du pavé. Comme quoi les énergies similaires s’attirent.

Alors, je me suis dis qu’il est peut-être temps de faire la paix avec les événements afin d’attirer des situations plus heureuses? Puis, m’est revenue en mémoire une discussion que j’ai eu avec ma sœur Marie-France. Elle m’expliquait que l’aptitude à transformer la colère en tristesse est un acte de maturité. Ceci pourrait certainement m’aider à faire pivoter mon énergie et me remettre sur mes railles. Alors, j’ai suivi son conseil en déchaussant mes talons hauts pour me retrouver pieds nus en toute transparence avec moi-même. Voilà qui est beaucoup mieux. En assimilant doucement l’expérience, je perçoit graduellement la sagesse du Soi qui se fraie un chemin parmi toutes les plaintes de l’égo qui s’atténues.

Lorsque les forces de l’ego se calment, les vraies enjeux peuvent se révéler. Lui qui a toujours raison et qui veut tout contrôler, s’il n’est pas dompté, il vaut mieux attendre qu’il ait terminé son cirque à la «drama queen» et qu’il s’épuise de lui-même comme un enfant qui lutte contre le sommeil. Deux jours plus tard, soit un pour la rumination et l’autre pour la récupération, me voilà donc face à face avec mon humanité et ma fragilité prête à refaire une lecture plus sage de la réalité. Avec le recul, je vois les calembours de l’inconscient i.e. «perdre le pied», « se casser la gueule», «tomber de haut», «atterrir sur les coudes» qui expriment l’état émotif qui prévalait avant-même qu’ait lieu cette chute sur le plan physique. Cet écho fait tout son sens. À présent, je vois clairement les drapeaux rouges qui se sont hissés avant que la réalité ne me jette à terre. L’équilibre s’avère la plus grande des leçons; il est essentiel pour se tenir debout et courir!

Tomber est humain, se relever est divin

«Se dire, se comprendre et repartir

Suite à l’événement, j’ai bien réfléchi et une citation de Confucius me revenait constamment en tête: «Le plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.» Mimi, coureuse et blogueuse (lafillequicourt.wordpress.com) avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger quelques mots et de mettre au défi m’a confirmé ce fait essentiel : «Tomber est humain, se relevé est divin». Voilà qui est tout à fait à propos. Cette sagesse sera toujours d’actualité. Même si ce n’est pas agréable, l’action de chuter n’est pas l’enjeu réel. C’est le fait de se relever qui témoigne de notre force et qui permet d’apprendre les leçons que nous avons à intégrer afin d’acquérir une plus grande stabilité. Inutile de se psychanalyser à la moindre éraflure. Toutefois, il importe néanmoins de s’arrêter pour faire le point. L’essentiel c’est d’être conscient que tomber fait parti de la vie. Vous le savez déjà très bien (mais parfois il faut se le redire), on ne peut pas éviter les difficultés ni contrôler toutes les dimensions de la vie pour qu’elle nous épargne une épreuve. Ce qui importe c’est d’y faire face et de continuer son chemin.

Alors, comment peut-on se relever dignement d’une débâcle? Tout simplement en se relevant de l’humain (ego) au divin (Soi) en passant par le cœur. Maintenant, tout cela est déjà derrière. J’enfile mes espadrilles et up! Je brille encore de toute ma lumière. Wow! Je renvoie même un effet disco. Trinity groove! Vous l’avez deviné, je suis une coureuse, mais aussi une guerrière.

Note 1: Si vous apercevez sur Youtube la vidéo de Trinity qui court sur Chemin de Chambly à Saint-Hubert, qui trébuche puis embrasse le pavé, mais surtout, qui se relève après une mauvaise chute, eh bien, c’est moi! Pourrez-vous alors dire: «There goes the figther» . (Gym Class Heroes). 😉

Notes 2: Un petit conseil pour mes amis hippies. Si vous passez un mauvais quart d’heure, avant d’aller courir, purifiez-vous avec de la sauge. Peut-être que ce rituel vous évitera de trébucher dans les fleurs du pavé.

Note 3: Sophie, Martin et Mimi, je suis inscrite pour le marathon au complet (Montréal 2013 – Trinity est en feu)! Voilà qui me gardera focalisée sur l’essentiel (la passion de courir et la joie de vivre).

À bientôt!

2 réflexions sur “Comment se relever d’une débâcle?

  1. Je me suis déjà étendue comme ça, de tout mon long, tout près de la rivière où j’habitais jadis. Je me suis dit que finalement, si quelqu’un m’avait vu tomber et que j’étais celle qui avait fait en sorte qu’il/elle avait sourit pour la seule fois cette journée là, ma mission était accomplie. Bravo pour ton inscription au Marathon ! C’est génial. On s’arrange pour se rencontrer là Divine Martine ? Absolument !

    1. lol! Merci de me faire rire! Finalement, après une inspection en règle du trajet, j’ai compris pourquoi je me suis étendue de tout mon long (une fissure grosse comme le grand cayon, mais assez étroite pour que mon soulier reste prisonnier quelques secondes, le temps de m’étendre sur l’asphalte!). Certainement qu’on se voit pour ce rendez-vous l’année prochaine! 😉

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