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Entre l’ombre et la lumière

Je dédie cet article à ma mère dont c’est aujourd’hui l’anniversaire de décès.

«Il n’y a pas de lumière sans ombre.» Louis Aragon

L’All Hallows Eve qui signifie le soir de tous les saints, ou plus communément appelé Halloween, approche à grands pas. Bientôt notre monde prendra les couleurs des ténèbres et il se synchronisera avec celui de l’après-vie. (Voilà qu’une drôle de coïncidence vient de se produire; tout juste après avoir écris cette phrase, le téléphone sonne et il n’y a personne au bout du fil! Cela porte à réfléchir…). Lors des préparatifs, les enfants sont magnifiques à observer. Sophie, l’aînée de ma progéniture (née le jour de la fête des morts) et Simon-Pierre le cadet (né un vendredi 13) ne sont pas différents des autres petits monstres qui prendront bientôt les rues d’assaut. Ils anticipent avec tant de joie l’arrivée de cette fête. Vous souvenez-vous de l’excitation que procure le choix du déguisement et le summum de plaisir vécu lors de la cueillette des friandises? Déambuler ainsi dans le noir de porte en porte parmi toutes ces créatures d’outre-tombe, ces héros et ces personnages est une aventure qui fait émerger toutes sortes d’émotions fortes. Après cette ronde, une fois au lit, les petits orteils se camoufleront sous les couvertures tirées jusqu’à la pointe du nez. Les yeux grands ouverts (effet des sucreries dévorées), nos petits chercheront la moindre trace de fantôme dans la terrifiante nuit de l’Halloween!

Parmi nous les adultes, certains renoueront avec leurs souvenirs d’enfance. Les plus nostalgiques donneront beaucoup plus que des bonbons. Tel le prolongement de leur cœur, ils distribueront gracieusement ces morceaux de bonheur. D’autres prendront plaisir à créer maison hantée et scène d’horreur afin d’engendrer chez leurs visiteurs toutes les nuances de la peur. Enfin, pour ceux qui ont raté leur chance de réaliser un désir ou un rêve qu’ils ont ensuite réprimé, ils trouveront dans cette fête l’opportunité de l’exprimer. Ce qui fait place au fantasme (représentation imaginaire des désirs conscients ou inconscients)!

Au bal masqué, le jugement est levé. Que l’on soit déesse ou princesse, homme puissant ou commandant, tous les genres et les races sont agréés. La fête de l’Halloween c’est un espace pour festoyer et, le temps d’une soirée costumée, de se dégager des conditionnements et rôles sociaux, vous savez toute cette laine qui nous recouvre la peau? Anonyme ou androgyne, la femme pourra faire jaillir son opposé le masculin (l’animus : l’aspect masculin de l’inconscient de la femme) et, s’il ose, le masculin pourra explorer les mystères de son féminin (l’anima : l’aspect féminin de l’inconscient de l’homme). Enfin, le plus lumineux pourra jouer au maître de l’ombre et le plus «dur à cuire» à l’ange gardien. Profitons-en pour explorer joyeusement les contrastes avant que notre monde ne redevienne limité et que les portes de l’enfer ne se referment jusqu’à l’année prochaine.

Chers lecteurs, aujourd’hui je vous entretiens de sujets qui sont intimement associés à l’Halloween. D’abord, j’explore ses origines, ensuite, je dépèce la peur de la mort et, enfin, je défie l’ombre pour accéder à la lumière. Alors, tamisez l’éclairage, allumez bâtons d’encens puis chandelles et suivez-moi dans la forêt noire. Avis aux coureurs, attention où vous posez le pied car vous pourriez vous retrouver à plat ventre sur le sentier!

Chaudron de druide

L’Halloween est d’abord une occasion de célébrer. Mais au fait, que célébrons-nous au juste? Oh! Oui, les catholiques fêtent la Toussaint (All Saints’ Day) qui tire ses origine de la Samain des Celtes. Autrefois, cette fête religieuse soulignait le passage de la saison claire à la saison sombre. Les festivités (rituels druidiques, assemblées, banquets rituels et beuveries) duraient sept jours, sois trois jours consacrés à la saison qui se termine, un pour la Samain (l’Halloween) et trois jours pour accueillir la nouvelle saison. La Samain correspond donc à cet «entre-temps» ou période de «non-temps» que je symbolise intuitivement ainsi -›o‹-. Cette transition donnerait lieu à une ouverture entre le monde des humains et celui du divin. Même si certains symboles ont perdurés à travers le temps (chaudron, magicien, sorcière, balai, etc.), la majorité d’entre-nous avons oublié cette jonction magique entre ciel et terre qui s’ouvre la nuit du 31 octobre (nous l’avons d’ailleurs bourrée de peurs et d’histoires d’horreurs).

Telle une machine à remonter le temps, transportez-vous il y a 2500 ans. Vous êtes en Bretagne parmi le peuple Celte. À l’image du fantôme, observez la cité grouiller comme des fourmis. Tous s’affairent à préparer cette grande soirée. Avec la tombé de la nuit, la pénombre s’installe et la communauté se dirige vers ces immenses pierres levées. Silence! Sous le regard avide du chef, de la noblesse et du peuple, le druide à la robe blanche se concentre sur son rituel finement préparé. Ressentez-vous la puissante aura qui entoure le lieu de fabuleuses forces mystérieuses? Avec ses incantations magiques, le druide implore les dieux et les déesses afin qu’ils se manifestent. De son grand chaudron sortent alors des émanations couleurs néons qui montent plus haut que l’horizon. Voyez comme il se syntonise aux éléments. Il semble les maîtriser avec ses gestes enchantés. Regardez cet amas de nuages qui se forment rapidement au-dessus du cercle de menhirs. Voilà qu’une lumière en perce le centre qui se déploie en un corridor de lumière étincelante. C’est sûrement le signale qui annonce l’ouverture sur l’autre monde et l’arrivée des dieux. L’assemblée est exaltée. Ce sage fait alors contact avec les cieux. En transe, il reçoit et interprète ces divins messages qu’il communique aussitôt au peuple avec un ton ô combien solennel. Allez visiteurs! Préservons leur intimité et revenons à nos claviers.

Curieuse, juste pour le plaisir d’extrapoler, je me demande bien quel message les déesses et les dieux pourraient nous livrer pour nous guider dans la nouvelle année? Comme j’aimerais bien que descendre du portail les sandales ailées d’Hermès afin que je puisse les porter! Le fait d’évoquer cette porte ouverte entre le monde des morts et celui des vivants fout la chaire de poule n’est-ce pas? Nos peurs ancestrales se réveilleraient-elles? À ce titre, la mort vient probablement dans les premiers du palmarès. À vos torches et lanternes! Nous voilà pénétrant le cœur de la forêt.

La grande faucheuse

Dans notre société la mort est un sujet tabou. Cette grande faucheuse qui emporte ceux que nous aimons est si cruelle que même l’idée de prononcer son nom nous effraie n’est-ce pas? Alors, lorsqu’une personne décède, nous nous empressons souvent de l’enterrer afin d’en finir avec nos peurs de toutes sortes qui hantent notre esprit. Nous espérons probablement étouffer ainsi notre souffrance. Parce que situé juste à côté de chez moi, j’ai passé les quatre dernières années à courir notamment, dans un cimetière. Loin d’être lugubre, je dirais plutôt que ce lieu est un jardin magnifique pourvu d’une route asphaltée d’un kilomètre de long (Les jardins Urgel Bourgie –voir les photos ci-dessous). Pour une coureuse débutante, c’est l’endroit idéal pour apprendre en toute intimité. Le fait d’être loin des distractions de la rue me libère l’esprit et me permet de me focaliser sur les apprentissages et de le faire avec zen! Bref, cette piste de course tranquille et sécuritaire s’est avérée la source de nombreuses leçons dans l’art de courir le marathon, mais aussi celui du mourir et du revivre.

À faire la course quatre à six fois semaine pendant la saison claire, cela m’a donné le temps de réfléchir sur la mort et de revoir les perceptions que j’entretiens sur le sujet. Favorisant la présence à soi-même, courir s’avère une activité méditative qui me donne l’occasion d’observer mes pensées, de les clarifier et même de faire un peu de ménage parmi toutes ces croyances erronées que j’ai adoptées sans même les questionner. C’est assez incroyable toutes les idées que me sont passées par la tête avant que mes peurs ne soient transcendées.

  • Premier niveau : À la Scooby-Doo (personnage de dessin animé qui représente un grand chien gourmand et peureux qui fait équipe avec quatre autres détectives –Sammy, Fred, Véra et Daphné- dont la mission est de résoudre des énigmes surnaturelles), fantômes, zombis, vampires, démons et compagnie ont ressurgis de mon enfance;
  • Deuxième niveau : Puis les images des nombreux films d’horreur que j’ai visionnés, notamment les Carrie, Exorciste, Amityville, Opéra de la terreur et plus récemment Le cercle, m’ont hantées pendant quelques sessions. Allez ouste! Retournez dans la tête de vos créateurs qui ont empochés de belles recettes au box office grâce à cette fascination que nous avons à nous frotter à la peur;
  • Troisième niveau; Une fois tous ces paliers traversés, je me suis retrouvée devant les gigantesques portes noires de l’enfer, là où réside les peines les plus violentes de même que les plus grandes souffrances engendrées par les deuils obligés. La douleur de la perte de celle qui m’a mise au monde s’est alors réveillée. J’ai regardé cette peine puis je l’ai enveloppée comme un bébé. Une fois consolée, elle s’est transformée. J’ai donc songé à tous ces êtres aimés qui m’ont quittés et j’ai fait la paix avec leur décès. Alors, j’ai couru pour ces êtres chers décédés et pour tous ceux qui sont enterrés en ce lieu me rappelant la chance que j’ai d’être ici, dans ce corps, à réaliser mes rêves. J’y ai puisé beaucoup de courage et d’inspiration me poussant à me dépasser constamment.

La mort a pris un nouveau visage qui ne ressemble plus à l’idée effrayante que l’on se fait habituellement de celle-ci. Oui, la coupure qui tue demeure encore la plupart du temps brutale, qu’elle soit anticipée ou précipitée. Mais si on en croit ces vieux druides qui enseignaient autrefois l’immortalité de l’âme, nous avons de quoi à nous apaiser. Même si cette connaissance n’enlève rien à la souffrance que provoque une perte, contrairement à la croyance populaire, le deuil se vit tout en couleurs et non uniquement à travers le noir, son emblème. En effet, lorsque la personne endeuillée assimile graduellement sa perte en passant par son corps, sa tête, son cœur et son esprit, elle traversera l’arc-en-ciel des émotions. C’est ainsi qu’à son propre rythme et non celui du calendrier, elle fera progresser sa peine d’un Chakra à l’autre (voir article  Peace, love …. and disco!) jusqu’à être complètement libérée sous forme du deuil résolu.

Bref, en courant au cimetière, j’ai fait un bon bout de chemin tant physiquement en kilométrage que psychologiquement en procédant à l’introspection de mon âme en aller-retour et de long et en large. C’est probablement plus rapide que couché sur le divan d’un psychanalyste! L’Halloween est donc un moment propice pour faire ce genre de réflexion et d’explorer ces sujets sombres qui sont généralement évités. Quelle est votre attitude face à ces questions? Quelles sont les images qui vous viennent à l’esprit? Avez-vous dépassé ces scènes terrifiantes des films d’horreur? Qu’entretenez-vous comme croyances face à la mort, celle des autres puis la votre? Est-ce angoissant? À ce propos, si nous nous référons à notre imagerie collective, vous serez probablement, tout comme je l’ai été, automatiquement  projetés dans des scénarios d’agonie interminable où des souffrances physiques et morales atroces et humainement insupportables sont vécues, ou encore, dans des scènes post-mortem du type paranormale (souvent terrifiantes) avant de percer ENFIN (et c’est peu dire) la lumière du paradis de l’après vie. On nous a tellement bourré l’esprit de noirceur que maintenant nous devons purifier toute cette énergie négative.

Ombre et lumière

«L’ombre passe, mais la lumière demeure.» Anonyme

Inévitablement ces visites quotidiennes au cimetière m’ont amenées à réfléchir à la Source de la vie, le Créateur, Celui qui fait tourner le monde. En observant les statuts religieuses qui parsèment le lieu paisible, j’ai revisité les différentes représentations que l’homme s’est fabriquées de ce Dieu et au nom duquel ont lieu tant de conflits sur Terre. Pas trop rose comme image. (Avis au lecteur, ces propos pourraient vous choquer. Malgré qu’ils sont bien sentis, il ne s’agit pas de commentaires gratuits; Je cherche plutôt à susciter une prise de conscience). Il est dur à suivre avec ces obligations, ses restrictions et ses punitions. Mais c’est quoi ces histoires à la con qui dessinent un Dieu punitif, sexiste, homophobe, misogyne, cruel et même violent? Celui qui me fait sentir si petite et mauvaise tout le temps? Le vrai Dieu n’est-il pas bon et aimant? En tenant de tels propos, je vais probablement m’attirer la foudre des dieux et atterrir directement en enfer. Je vais donc taire immédiatement ces pensées, avaler mes commentaires croustillants, m’excuser auprès du Tout Puissant et retourner dans le rang des moutons. Au mieux, si je prie ce Dieu des hommes peut-être qu’Il me pardonnera. Si ce n’est pas assez je vais me sacrifier. Tête baissée, je m’oublierai pour servir l’humanité et ses plus grands défavorisés. Je leur donnerai ma chemise et tout ce qu’ils auront besoin. Mais quoi? Il ne me restera plus rien! Oui, j’ai joué pendant longtemps ce jeu. Maintenant, je fais confiance à mon propre Dieu.

Tout ce charabia tente d’illustrer cette tendance que nous avons à réprimer certains aspects jugés inacceptables de notre personnalité de peur d’être rejeté par nos pairs. Ainsi, depuis notre tout jeune âge nous avons refoulé une partie de notre ego pour être aimé et accepté. Carl Gustave Jung appelle cela notre ombre. Ce côté sombre du moi contient tout ce que nous préférons cacher … et que nous pouvons, par exemple, exprimer à l’Halloween dans une mise en scène costumée!

Oui, nous avons tous des aspects de nous-mêmes qui ne sont pas très «propres» ou «jolis» et qui sont loin, mais très, très, très loin de l’idéal souhaité. À les inventorier, si l’envie vous prend de vous cacher dans le placard ou sous le lit, c’est que vous aurez bel et bien vu votre ombre! Tiens, tiens, n’est-ce pas les endroits favoris des montres qui sortent la nuit pour attraper et croquer les orteils de nos petits? Serions-nous une créature infernale? Un peu oui! Prenez cette ombre du bon côté! Il s’agit-là de forces de notre personnalité qui ne sont tout simplement pas comprises, et par conséquent, qui ne ne sont pas canalisées correctement (elles engendrent des situations qui ne nous sont pas favorables). À la base, il s’agit d’une énergie de création qui n’est ni positive ni négative. Or, autant l’apprivoiser plutôt que de se créer toutes sortes de perturbations psychologiques qui nuisent à notre bien-être en essayant de les faire disparaître en les camouflant. Tôt ou tard, nous devrons la regarder volontairement ou par la force des choses. Comme le dit ce proverbe «ce que tu fuis te suis, ce que tu fais face s’efface», exorcisons donc nos propres démons.

Mais par où commencer? Ce n’est pas compliqué. Il faudra bien observer et noter tout ce que vous ne vous permettez pas d’exprimer, tous ce que vous vous cachez et ce à quoi vous évitez de penser. Que cela soit banal comme un «soap» que l’on écoute à l’abri des regards parce qu’on pleure comme une Madeleine, ou que ce soit une situation plus délicate telle une habitude qui nous fait honte, ce sont toutes des pistes à explorer pour les assumer et les transformer afin de les libérer de notre ombre. En les mettant ainsi en lumière nous pourrons les utiliser pour créer et nous épanouir davantage. Évidemment, ceci prend du temps et se fait graduellement. Pour l’exploration des aspects plus coriaces, il sera peut-être intéressant de viser l’accompagnement. Une touche d’humour aiderait également. Ainsi, les forces de l’ombre n’auront plus le pouvoir de nous effrayer car nous saurons comment les démanteler.

Les portes des cieux

Toutes ces réflexions ont favorisé ma proximité avec la Source de la vie qui s’est simplifiée au contact direct à la manière d’une conversation téléphonique. (Mmmm… Voilà que l’appel reçu au tout début de l’article me revient à l’esprit…). Rien ne vaut une bonne discussion en tête-à-tête avec Le très haut lorsque tout semble devenir l’enfer ici bas! Que les croyants les plus fervents veulent bien m’excuser, mais moi, avec mon ombre et ma lumière, j’ose déranger les cieux pour un tout et pour un rien, et même pour solliciter des miracles! «S’il vous plait, faites que mes genoux tiennent le coup pour le semi-marathon» ou «Je vous en supplie! Aidez-moi à faire un tour de plus» ou encore, «Éclairez ma lanterne au sujet de ce problème.» «Faites que ma pensée se clarifie et que je trouve cet éclair de génie».

Comme les druides celtes, j’essaie ainsi de garder bien ouverte la porte des cieux afin et de faire durer la Samain les 52 semaines de l’année. J’aime bien me confier et interroger le maître de l’univers, eh… en tout cas avec mon grand Soi! Et c’est ainsi que l’on me donne ce dont j’ai besoin, que s’ouvrent les portes devant lesquelles je me présente et que je trouve ce que je cherche (réf. Matthieu 7.7. Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe). Reste maintenant à utiliser ce qui a été reçu et capté de ces échanges. Et cela, eh bien, c’est une toute autre épopée! Alors cher lecteur, j’espère que cet article qui vous a d’abord plongé dans le noir a su par la suite vous déposer dans la lumière. Après tout, ne sommes-nous pas à la Fontaine de lumière! À tous, je vous souhaite une superbe Samain! Amusez-vous et riez avec l’ombre car c’est votre personnalité que vous apprivoisez!

À bientôt!

2 réflexions sur “Entre l’ombre et la lumière

  1. Quel beau texte Martine ! Merci de me ramener à St-Hubert, j’y ai grandi et les Jardins Urgel Bourgie je les connais très bien. Je n’ai jamais couru là par contre. Ah, le monde est petit !

    Merci pour ta belle plume et tes textes qui font réfléchir !

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