Croissance personnelle

La vie comme un marathon

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Cet article est dédié à mes amis coureurs Robert, Mélanie et Pierre.

Préambule

Nous sommes libres de créer notre vie à partir de nos buts, espoirs et rêves. Dans nos moments de réflexion, pendant qu’on pense à tout ça, on reçoit des «flashs», c’est-à-dire des images mentales qui nous transportent instantanément au moment même de leur réalisation. Ainsi, en une éclaire on se voit en train d’accomplir exactement ce qu’on imagine. La décision de suivre ou non cette inspiration est alors prise. Si d’emblée on l’accepte, l’intention et la volonté d’accomplir cette idée va déplacer notre vie sur une nouvelle trajectoire et nous ouvrir de nouveaux horizons. Plus notre objectif nous tient à cœur, plus grande sera notre force de manifestation et plus rien ne pourra nous arrêter vers l’atteinte de cette cible. Ce n’est alors qu’une question de temps avant que cette pensée ne soit vécue en devenant réalité. Si nous exerçons notre propre pouvoir de création, notre vie devient alors une succession de projections comme celles-ci plutôt qu’une série d’événements hors de son contrôle et dépourvus de sens. Voici jusqu’où un «flash» peut mener.

«Flash» marathon

Comme dans le «flash» visionné un an plus tôt, dimanche le 28 septembre dernier, je me suis retrouvée sur le pont Jacques Cartier entourée de 3 559 aspirants marathoniens[1] et 13 075 aspirants semi-marathoniens[2] pour courir la 24ième édition du Marathon Oasis Rock ‘n’ Roll de Montréal. Oh yeah! Conscience éveillée et souliers sous-pression, c’est précisément ici, au cœur même de ce moment, qu’arrivait le jour tant attendu du grand Marathon. ENFIN! À cette occasion, pour se racheter de la pluie et du froid reçu l’année passée, Dame Nature nous avait réservé une magnifique journée chaude et humide. Ouf! Oui, mes comparses coureurs et moi-même étions vraiment «hot» au point de ralentir la vitesse du «flash» victorieux en un «slow motion» interminable de course sur l’asphalte devenue liquide sous les 28 degrés de l’été des indiens. C’est donc dans cette humidité que j’ai parcouru les 42 km qui manifestèrent mon rêve de marathonienne en une réalité incroyable. Chers lecteurs, dans cet article je partage avec vous mon expérience à la manière d’un film en accéléré afin de vous éviter les longueurs du parcours. Toutefois, je vous invite à vous arrêter à trois points de ravitaillement, afin de porter votre attention sur des moments particuliers de mon expérience qui m’ont donné l’opportunité de me ressourcer et d’apprendre quelques leçons de vie qui révèlent le sens que prend la course dans ma vie. Allez amis lecteurs, suivez-moi!

 Premier arrêt : Dompter le diable et ses démons.

 Pour avoir couru le marathon une première fois l’année passée, j’avais alors développé une piètre opinion du parcours proposé par les organisateurs. Certes, le premier 21 km était fort agréable à courir, tandis que la seconde moitié me paraissait très ennuyeuse avec ses deux infernales lignes droites au 25ième et au 32ième km. La chanson du groupe AC/DC «Highway to hell» traduit très bien ma pensée sur le sujet. En fait, j’avais prévu de ne pas renouveler mon expérience en 2015. Au terme de ce second marathon, et à ma grande surprise, mon point de vue c’est renversé. Est-ce que j’aurais réussi à dompter le diable en passant une seconde fois sur l’autoroute de l’enfer du parcours du Marathon Oasis Rock ‘n’ Roll de Montréal? Aurais-je maîtrisé les pulsions destructrices qui s’éveillent de mes profondeurs sous le poids de la fatigue, celles qui prennent en otage mon mental en l’emplissant de pensées auto-sabotrices qui m’incitent à abandonner? Comme un chemin de croix, est-ce que l’écrasant boulevard Saint-Joseph aurait été le lieu d’un miracle en nettoyant mon mental de ses pensées obscures me permettant d’accéder à la gloire qu’offre la traversé du fil d’arrivée? Voyons cela.

Il me semble que le trajet d’une course est semblable à celui de notre chemin de vie. En ce sens, il y a des moments agréables (ceux qui passent trop vite) où tout se déroule parfaitement bien (les premiers 21 km). Il y a également des moments plus difficiles à gérer (ceux qui paraissent ne plus finir comme les interminables lignes droites), des moments où notre mental s’emballe, se déballe et se débat jusqu’à l’épuisement; symboliquement c’est l’enfer. Pensons à ce qui se passe dans la vie comme l’impatience manifestée face à l’attente de quelque chose d’important, au sentiment de lourdeur vis-à-vis d’une responsabilité, à la résistance, et même parfois au refus de vivre certains événements prévus ou non et au découragement que suscite une situation qui paraît sans issue. Oui, la vie est comme un marathon qui nous fait passer par les portes de l’enfer pour aboutir, au mieux, au septième ciel. En ce sens, je pense que sa façon de courir de longues distances fait ressortir des attitudes que nous adoptons dans la vie de tous les jours lorsque nous sommes devant un défi. Plus nous sommes «challengés», celles-ci se convertissent en épreuve.  Puisqu’il  est impossible d’éviter toute forme d’adversité, nous devons inévitablement faire face à tout ce que nous apporte la vie, le bon comme le moins bon.  Or, ce n’est pas le trajet qu’on doit absolument changer, mais plutôt son attitude en le parcourant. Or, apprendre à s’en servir plutôt qu’à le subir, ce qui permet de dompter la bête (nos défauts, faiblesses et négativité) qui sommeille en soi et qui se réveille lorsque nous sommes mis sous tension.

Si le pire de soi est dressé, si on persévère en dépit des obstacles, cette négativité se transforme en force (développement de compétences, d’attitudes positives et de ressources internes) qui nous stimule et nous encourage à continuer «coûte que coûte» jusqu’à la fin. En s’accrochant de toutes ses forces à l’espoir qui émerge de nos entrailles et qui mettent nos démons intérieurs k.o., à ce «oui je peux» et ce «regarde-moi bien y arriver», la victoire que nous visons est assurée, et ce, peu importe de quoi il s’agit. Or, une fois le fil d’arrivée traversé, ou à la fin d’une épreuve, vivifié par la victoire sur nos démons nous accédons à la jouissance que procure sa réussite. L’intensité de la victoire est équivalente à l’intensité de l’épreuve. C’est ainsi que l’autoroute de l’enfer transforme nos souffrances et notre douleur et en un succès étincelant sur le pire de soi; symboliquement c’est le paradis. Je dois vous avouer que le fait d’être bien entouré facilite le parcours et garde le mental bien focalisé sur la réussite. Ceci m’amène à vous entretenir de la seconde leçon de vie acquise en courant le marathon cette année, apprentissage que je n’aurais pas pu assimiler si j’avais été seule.

Crédit photo: Nathalie Trudel
Crédit photo: Christian Noël

Deuxième arrêt : Soutien VIP.

Alourdie par les trente premiers kilomètres et par la chaleur du soleil qui se dressait de plus en plus haut dans le ciel, comme un oasis en plein désert, voilà qu’apparaissait tout frais et pimpant Robert, mon compagnon coureur du groupe les Sans limite de Saint-Hubert. Chaussé de ses souliers, il était là sur le coin de la rue m’attendant afin de m’accompagner jusqu’à la ligne d’arrivée. Ah! Comme c’est rafraîchissant! Cela m’a fortifié de courage et a ravivé ma passion de courir. Vous savez, je l’avais presque oubliée avec toutes les plaintes que générait mon mental de princesse.[3] À ma grande surprise Mélanie s’ajouta deux kilomètres plus tard. Toute pétillante et énergique, elle dégageait un tel dynamisme que je l’ai cru montée sur un ressort! Alors, je me suis accrochée à cet élan : «Let’s go Martine! Mets du spring dans tes runnings!» Et ce n’est pas tout. Comme seul un bon coach sait le faire, Pierre, qui venait tout juste de descendre de l’avion s’ajouta au groupe malgré la fatigue et le décalage horaire. La puissance de ses encouragements et des citations lancées à des moments stratégiques m’ont donné tout un «boost» qui m’aida à concentrer mon énergie à plat sur l’objectif plutôt que sur tous les petits maux et la fatigue qui s’accentuait. C’est fou comme chacun nous enrichi en nous transmettant sa façon de faire face à une situation. Cela change ses perceptions et sa façon d’aborder la course et la vie.

 C’est donc comme une VIP, que mes trois acolytes m’escortaient jusqu’au bout de l’enfer en m’ouvrant la route et en veillant à faciliter le chemin; tout un traitement royal que mon mental de princesse a beaucoup apprécié! Vous savez, je leur en suis très reconnaissante et bien peu de mots peuvent traduire la grandeur de ma gratitude devant tant de bienveillance. C’est tout à fait le même sentiment qui émerge dans la vraie vie lorsque nous vivons, par exemple, une situation exigeante qui requière toutes nos forces qui s’amenuisent avec la longueur du processus et la persistance de difficultés. Un petit mot, un petit plat préparé, une référence donnée, un coup de main offert, une tape sur l’épaule, une oreille attentive, un gros câlin serré et aussi long que désiré se ne sont là que des exemples de gestes animés par cette chaleur qui nous donne la sensation de compter aux yeux d’autrui. On se dit que si l’autre est là pour soi, c’est sûrement parce qu’on en vaut la peine. Alors, malgré la lourdeur et la douleur, on se relève les manches plus facilement pour continuer jusqu’au fil d’arrivée.

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 À tort on pense souvent qu’il est plus aisé de jouer au super héro qui possède de magnifiques supers pouvoirs et de compter uniquement sur soi pour traverser l’adversité. Cependant, même les supers héros finissent par se fatiguer et perdre courage. S’entourer de gens positifs, de gens qui partagent les mêmes passions, des gens qui savent exactement ce qu’on traverse est un atout inestimable dans notre cheminement. Il est toutefois nécessaire d’avoir l’humilité d’accepter le soutien d’autrui afin de pouvoir se ravitailler à cette source qu’est l’entraide. Être cette personne pour l’autre est tout aussi important, car la réciprocité de l’entraide et la solidarité ajoutent tant de vie à sa vie. Voilà une autre leçon tout aussi importante que la prochaine qui m’a fait beaucoup réfléchir.

Troisième arrêt : Réussite ou échec?

 Parmi les coureurs inscrits au marathon certains, comme moi, n’ont pas atteint leur objectif de temps et d’autres n’ont tout simplement pas traversé le fil d’arrivée. Les plus prudents ont constatés avec désarrois que, bien malgré tous les efforts physiques et mentaux déployés combinés aux conditions extérieures peu facilitatrices, l’abandon s’avérait la meilleure option. C’est ainsi que j’observais sur la route les plus sages, ceux qui ont acceptés de répondre aux signaux d’alarmes en marchant ou en décrochant leur dossard. Pour les plus compétitifs, le sentiment d’échec frappait comme un coup de fouet, tandis que les plus résilients se sont vite fait une raison en acceptant la situation tout en planifiant le prochain marathon. Malheureusement, les quelques téméraires qui ont refusé de s’arrêter devant les signaux d’alarme donnés par leur corps se sont écroulés sur le pavé. Pendant que l’équipe médicale s’affairait à les secourir, on pouvait observer sur leur visage cette souffrance traduisant tant la douleur physique qu’émotive. Témoins de ces scènes troublantes, on souhaite qu’ils se rétablissent au plus vite et qu’il n’y ait pas de conséquences graves sur leur santé. On se dit également qu’on ne veut vraiment pas cela pour soi-même. On court alors les «fesses serrées» à l’affut de signes inhabituels qui auraient pu nous échapper.

 À titre de coureuse et d’être humain, j’ai beaucoup réfléchi sur la question puisque, vous le savez, personne n’est à l’abri de pareille situation. Comme dans la vie, à un moment ou un autre, nous faisons tous face à des situations difficiles qui ajoutent du poids à la vie (changements, pertes, deuils…). Il est possible de voir apparaître des signaux physiques (tous les petits et plus grands maux, le stress, la fatigue, l’épuisement, la perte d’appétit …) et mentaux (difficulté de concentration, insomnie, troubles de l’humeur, anxiété, tristesse, déprime, détresse psychologique, idéations suicidaires….). Ceux-ci nous signalent que nous avons été trop loin et qu’il nous faut absolument nous arrêter au plus vite afin de prendre soin de soi, dresser le bilan de sa situation et réévaluer ses objectifs. Tout cela m’amène également à revoir mes croyances quant au concept de réussite et celui de l’échec.

 Je pense que le fait de décider de s’arrêter avant de s’écrouler n’est vraiment pas un échec, mais plutôt un signe de force mentale et d’un grand respect de soi, de son corps et  de sa vie. Je trouve très dommage le fait de mettre sa santé en péril pour la poursuite d’un objectif quelconque aussi grandiose soit-il. Je n’ai peut-être pas couru le marathon dans le temps souhaité, mais ce n’est pas un échec pour autant. J’ai été prudente en m’arrêtant à tous les points de ravitaillement. J’ai respecté mon corps malgré l’intensité de l’effort que je lui demandais de fournir. J’ai combattu mes démons et mes princesses et je suis en paix avec mon expérience et mon chrono. C’est exactement cet aspect «être en paix avec soi» qui distingue la réussite de l’échec. Pour arriver à cette paix, il importe de s’assurer d’être en harmonie avec toutes les dimensions de son être, c’est-à-dire avec ce que nous transmet notre tête, notre cœur, notre corps et notre esprit comme information afin d’agir en fonction du meilleur pour nous-mêmes. Par la suite, il sera impossible d’avoir des regrets puisqu’on sait qu’on a donné le maximum tout en agissant avec discernement.

 En dépit du fait qu’on accorde socialement plus d’importance au résultat qu’au processus menant à une réalisation, je crois en bout de route que celui-ci importe peu. Est-ce que le fait de courir le marathon m’apporte du plaisir et de la joie dans mon quotidien? Est-ce que l’entraînement quotidien me p10639661_929014010443711_4098174512983437568_nrocure un bien-être? Pendant que je cours, suis-je en harmonie avec moi? Ai-je appris quelque chose sur moi et sur la vie? Si la réponse est un oui, alors j’ai récolté bien plus qu’une médaille de participation et un titre de marathonienne (le résultat). J’ai exercé une passion, raffiné ma personnalité, agrandi mon réseau social et développé des liens significatifs avec mes amis coureurs. Wow! Voilà qui est très bien. Voilà qui est parfait. Voilà qui me suffit amplement pour être fière de moi et aimer ma vie.

 La grande victoire

 Parfois la victoire ne se trouve tout simplement pas là où nous l’avions prévu au point de départ, en l’occurrence à la traversée du fil d’arrivée ou lors de la réussite d’un objectif qui nous tient à cœur. L’expression «on ne peut pas toutes les gagner» traduit bien le fait que toute expérience ne se déroule pas toujours comme prévu ou comme nous l’aurions espéré. Pensez un instant ceux qui font face à la mort. Est-ce l’ultime échec? N’est-ce pas plutôt la plus grande victoire de leur vie? Pour le mourant la réussite de sa mort se situe dans la paix de son âme, c’est-à-dire dans l’acceptation de quitter ce monde et tous ces êtres qui lui sont chers en se dépouillant de ce corps physique pour faire sa grande entrée au paradis. Et toutes ces leçons assimilées «flash» après «flash», jour après jour, donneront encore plus de sens à sa vie et à la Vie au moment de cette transition.

 Ceci dit, que notre vie soit un 5 km, un 10 km, un demi-marathon ou aussi longue qu’un marathon, préservons notre corps pour qu’il rayonne de santé et ajoutons de la vie à sa vie en vivant pleinement. Profitons de toutes les occasions pour attraper les petits et les grands bonheurs, utilisons notre sagesse pour ne pas se compliquer inutilement la vie et suivons une route qui nous construit, nous fortifie et nous emplit l’âme. Acceptons avec souplesse les imprévus et les désagréments et profitons-en pour dompter notre ombre. Enfin, aidons et laissons-nous aider. Voilà ce que je vous souhaite à vous chers lecteurs. Allez! Suivez votre guide intérieur, réalisez votre plein potentiel et amusez vous au maximum, car la vie c’est comme un marathon où tout le monde en ressort gagnant!

 À bientôt!

[1] SportStats results : http://raceresults.sportstats.ca, consulté le 7 octobre 2014.

[2] Ibid

[3] Mental de princesse : réfère à un mental prétentieux qui chiale sur tout ce qui contrarie le déroulement aisé, facile et sans tracas d’une affaire.

2 réflexions sur “La vie comme un marathon

  1. Quel beau texte chère Martine. Tu as une plume merveilleuse qui fait du bien ce matin. Je crois aussi que le plus important est d’être toujours bien avec soi-même et de prendre soin de soi-même. Quelqu’un m’a déjà dit un jour de me traiter comme je traite ma meilleure amie et c’est ce que je m’efforce de faire a tous les jours.

    Merci
    Anik B. (qui t’admire beaucoup)
    xxx

    1. Ah! Comme c’est gentil ma belle Anik! Merci pour ce commentaire que j’accepte avec bonheur! La personne qui t’a dis un jour de te traiter comme si tu étais ta meilleure amie avait vu juste. L’important c’est d’être heureux et ça commence avec soi-même. La course s’est tellement un bon moyen pour l’être et courir en bonne compagnie ça ajoute encore plus de bonheur. Alors on se voit sur la piste mardi prochain! 🙂 xxx

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